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JEAN-LOUIS TUMBARELLO LAUREAT DU PRIX « METIERS D’ART ET PATRIMOINE BATI »

Pour la huitième année consécutive, le Prix « Métiers d’Art et Patrimoine Bâti » d’Ateliers d’Art de France et VMF, sans équivalent dans l’univers du patrimoine, récompense, à travers un jury composé de personnalités du secteur, des entreprises remarquables parmi tous les corps de métiers intervenant sur le patrimoine bâti mobilier ou immobilier, avec une dotation de 10 000 €. Les objectifs du prix sont d’assurer la pérennité, l’accession ou le développement des métiers d’art au service du patrimoine en choisissant 3 axes : transmission, formation et valorisation.

Cette année le prix a été décerné à Jean-Louis Tumbarello, auto-entrepreneur, qui a réalisé une véritable reconversion professionnelle, s’orientant vers la création et la restauration de décors.

Jean-Louis Tumbarello

 Jean-Louis Tumbarello avait commencé sa carrière professionnelle en tant que cariste dans une grande entreprise du secteur agro-alimentaire, lorsqu’il rencontra en 1998 un artisan d’exception spécialisé dans la pose de cheminées anciennes. Jean-Louis lui proposa alors de le former au métier d’atrier (fabricant et monteur de cheminées). Pendant près de deux ans, il lui transmit les savoir-faire essentiels à la pose des cheminées (bois, marbre, pierre, terre cuite, plâtre…).

Ne connaissant rien aux métiers du bâtiment, il a dû rapidement se familiariser avec les outils de base : mètre, niveau, équerre, règle, … essentiels à la mise en œuvre des étapes précédant la pose des cheminées (avaloir, foyer, hotte…). Après cela, il apprit la théorie nécessaire au montage et au bon fonctionnement d’un âtre (partie dallée de la cheminée où l’on fait le feu), une technique unique dont les clients de Jean-Louis sont aujourd’hui très satisfaits.

Lors d’un chantier, ils firent la rencontre d’un client qui voulait recréer des décors de gypseries dans sa bastide. Son maître avait la technique pour trainer les moulures aux gabarits, que Jean-Louis apprit très vite, ayant déjà la maîtrise des matériaux nécessaires (plâtre et colle). Mais pour l’ornementation, il dut se débrouiller tout seul.

C’est ainsi qu’avec sa langue de chat (petite truelle), sa taloche, quelques gouges et trois cuillères, il se lança dans le métier de gypsier, se retrouvant à sculpter les ornements des murs et plafonds de cette bastide.

Le résultat final étant très satisfaisant, Jean-Louis se lança en tant qu’auto-entrepreneur en 2001. Les nombreux chantiers de restauration dans lesquels il a travaillé lui ont permis de développer sa créativité. En collaborant avec plusieurs gypsiers aixois, il a pu s’imprégner de leurs savoirs-faire (profils de moulures, nervosité des moulures, finesse de l’ornementation, thèmes, partage des espaces…) et assimiler les styles propres à la région d’Aix-en-Provence.

 

C’est donc en parfait autodidacte que Jean-Louis s’est lancé dans la profession quasiment disparue de gypsier aixois. Aujourd’hui, il aime son métier par-dessus tout et espère le pratiquer encore longtemps, alors même que les chantiers se font de plus en plus rare. Il désire également pouvoir transmettre aux jeunes générations ce merveilleux savoir-faire, unique dans la région d’Aix-en-Provence.